L’atelier de la potière

Depuis son atelier, sur son tour, sa table ou sur son établi, la potière bat, tourne, modèle et assemble la terre… C’est elle qui réalise chacune des étapes qui vont transformer une boule de terre en une pièce unique, décorée, cuite et émaillée.

Les premières étapes de la création d’une pièce consistent à choisir la terre et à la peser, afin d’obtenir la quantité de terre convenant à la taille finale du pot.

Une fois cette boule de terre choisie et malaxée, elle est lancée sur le tour, le tournage commence. Il faut la centrer sur le tour. Le moment est délicat car la terre doit être équilibrée, parfaitement répartie au centre de la girelle. L’opération demande de la concentration. Ce sont les mains et le corps tout entier qui ressentent la place de la terre. Elle ne doit plus trembler.

La boule de terre est alors percée, puis ouverte, pour obtenir l’épaisseur et le diamètre final du fond du pot. La potière monte ensuite les bords du pot. Une vague se forme, la paroi s’élève et s’affine…

La forme du pot est quasiment définitive. La pièce est débarrassée du surplus d’eau et de barbotine à l’aide d’une éponge. Le tournage est terminé, la pièce est mise à sécher jusqu’à ce qu’elle atteigne la consistance du cuir.

Le tournassage de la pièce peut alors commencer. Sur le tour, à l’aide d’un outil appelé mirette, on enlève des copeaux de matière, modifiant encore la forme de la pièce.

C’est juste après cette étape que l’on peut assembler les éléments qui ont été tournés ou modelés (un bec, une anse…) et qui ont, eux aussi, la consistance du cuir. Ils sont collés avec une terre liquide, appelée barbotine.

Encore quelques jours de séchage et la pièce pourra être légèrement poncée, pour faire disparaître les traces de collage ou de manipulation.

Elle est ensuite décorée avec de l’engobe, une terre liquide à laquelle sont ajoutés des oxydes colorants. Ces engobes peuvent être gravés pour faire ressortir les contrastes entre les différentes teintes de la terre.

La pièce est cuite une première fois à 980 degrés. C’est le biscuit. Enfin elle est émaillée pour la rendre imperméable, puis cuite de nouveau à 1000 degrés.